
Attention, cette chronique contient des spoilers sur l’ensemble des films de la Trilogie originale et de la Prélogie de Star Wars.
Cette chronique consacrée à Star Wars, publiée à l’origine en 2019, était l’une des toutes premières que j’ai écrites lors de l’année de lancement de ce site. Je tâtonnais encore à l’époque sur le format à attribuer à ces articles. On était également quelques semaines après la sortie de l’épisode IX qui marquait la conclusion de la postlogie. Comme je l’expliquais alors, ces trois nouveaux films ne m’avaient pas du tout fait bonne impression.
Seulement, nous sommes six ans et demi plus tard et Star Wars est de retour sur grand écran avec le film The Mandalorian and Grogu. Entre temps, j’ai pu expérimenter différents formats pour cette série de Ce qui me tient à cœur et trouver ceux qui me conviennent le mieux. Cela faisait déjà quelques années que j’avais envie de mettre à jour cette chronique. Comme elle se concentrait essentiellement sur une critique de la postlogie, je trouvais qu’elle ne rendait pas correctement hommage à cet univers de films qui a bercé mon enfance.
Je me suis finalement jeté dans le bain, en revisionnant les six films de la Trilogie originale et de la Prélogie. Alors, six ans plus tard, voilà mon analyse 2.0 sur la plus grande saga de l’histoire du cinéma.
Découverte des films :
J’ai découvert l’univers de Star Wars à l’automne 2010, alors que je n’avais que 9 ans, en visionnant les films de la Trilogie originale. C’était la première grande saga cinématographique qu’il m’était donné de découvrir. Être spectateur de batailles spatiales à grande échelle et de duels épiques au sabre laser constituait un véritable émerveillement pour le petit garçon que j’étais alors. Même si les plus grandes subtilités de cette histoire m’échappaient à l’époque, je me souviens avoir été très touché par la conclusion de cette trilogie, notamment par la rédemption de Dark Vador et sa relation avec Luke.
Quelques mois plus tard, je découvrais les films de la Prélogie. Ces trois films, je les ai regardé une dizaine de fois en l’espace de 3-4 ans. Je connaissais chaque scène, chaque réplique par cœur. Et mon amour pour Star Wars ne s’est pas arrêté là. Il s’est poursuivi à travers la série d’animation The Clone Wars. Il s’est poursuivi au travers des livres (bible des personnages, romans, livres sur l’univers étendu). Il s’est poursuivi au travers des jouets. Combien d’heure ai-je passé dans ma chambre avec mes LEGO Star Wars, à inventer de nouvelles histoires…
Dans ma première vidéo de la série Manuscrit & Synopsis où j’essayais d’énumérer les raisons qui pouvaient pousser quelqu’un à écrire un livre, j’expliquai qu’à mes yeux, écrire un roman revenait simplement à prolonger l’intention qui nous anime quand on est gamin et qu’on essaye d’inventer des histoires avec des jouets. Je me souviens qu’à l’époque, j’avais commencé à écrire un roman qui aurait dû suivre le parcours de Vador en démarrant juste après La Revanche des Sith. En un sens, c’est donc un peu cette passion pour Star Wars qui m’a conduit là où j’en suis. Elle m’a poussé à vouloir créer mon propre univers. En 2012, inspiré par Star Wars, j’ai donc commencé à travailler sur ce qui aurait dû être une trilogie de science-fiction. Ce premier projet m’a mis le pied à l’étrier. Un an plus tard, je l’abandonnais pour me consacrer à la création d’une autre trilogie, cette fois dans un monde de fantasy avec Le Drakon. Voilà pourquoi il me paraissait important de réécrire cette chronique, parce que Star Wars a eu un impact majeur dans mon enfance. Pour moi, Star Wars sera à jamais gravé dans mon cœur, car rattaché pour toujours à cet émerveillement enfantin et ces souvenirs bienheureux.
Analyse générale de la saga :
I – La guerre des contrastes
Ce qui constitue sans doute l’originalité de cet univers, c’est ce savant mélange entre science-fiction et mysticisme. La saga présente le paradoxe de nous plonger « Il y a bien longtemps, dans une galaxie lointaine, très lointaine » mais qui connait pourtant un niveau technologique bien plus développé que le nôtre. Vaisseaux capables de voyager à la vitesse de la lumière, armes laser, droïdes intelligents… l’univers de Star Wars regorge de technologies futuristes qui inspirent la fascination et sont autant de prétextes pour créer des mises en scène spectaculaires, avec de grandes batailles spatiales. Pourtant, l’éloignement le plus extraordinaire avec notre monde réel ne réside pas dans tous ces gadgets techniques, mais dans l’existence d’une sorte de magie supérieure : la Force. Décrite par les personnages de Star Wars comme étant ce qui fait le lien entre tous les êtres vivants et permet à l’univers de vivre en harmonie, la Force vient ajouter une part de mystère à ce foisonnement de technologies de science-fiction. Elle permet aussi de mettre en scène des duels de sabre laser aux allures très chevaleresques, qui sont non sans rappeler les combats de la mythologie grecque ou ceux de la légende arthurienne. Ce mysticisme devient quasiment religieux dans la Prélogie, avec l’introduction d’une prophétie et de son élu incarné par Anakin Skywalker, censé rétablir l’équilibre dans la Force.
La coexistence de ces deux mondes : celui de la science et celui de la foi, permet de créer un contraste particulier. Ainsi, les personnages de la Trilogie originale se divisent en deux groupes : ceux qui placent leur confiance dans la technologie et se montrent sceptiques sur l’existence de la Force, comme les officiers impériaux ou Han Solo au début d’Un Nouvel Espoir, et ceux qui considèrent cette technologie comme superflue et impuissante face au pouvoir de la Force, comme Obi-Wan ou Vador. Si cette dichotomie philosophique est absente de la Prélogie, c’est parce qu’elle se déroule à l’époque de l’âge d’or des Jedi. Impossible donc pour les personnages de remettre en cause l’existence de la Force, étant donné que les Jedi font partie de leur paysage quotidien. On pourra noter tout de même une certaine ironie symbolique dans la conclusion de la Prélogie avec l’Ordre 66, puisque d’une certaine manière, la science-fiction, incarnée par les clones, vient faire disparaitre le mysticisme, incarné par les Jedi.
Un autre élément de contraste qui est tout aussi intéressant à aborder, c’est l’opposition entre l’Alliance Rebelle et l’Empire de la Trilogie originale qui peut se résumer au combat de David contre Goliath. Ainsi, les rebelles se battent avec les moyens du bord contre un empire surmilitarisé. Ce différentiel entre ces deux factions est souligné par une multitude d’aspects. Le premier qui saute aux yeux, particulièrement avec la scène d’ouverture d’Un Nouvel Espoir est celui de la taille des vaisseaux. L’Empire bénéficie de gigantesques star destroyers, semblable à des porte-avions, quand les Rebelles doivent se contenter de vaisseaux de faible envergure similaires à des corvettes. Cela est également visibles dans les décors. Là où les bases des rebelles sont établies dans des ruines ou de vieux hangars abimés et parsemés de câbles en tout genre, celles de l’Empire sont constituées de longs couloirs immaculés et bien rangés. Les costumes renforcent aussi ce contraste : les rebelles sont dotés de tenues usées alors que les soldats de l’empire se battent dans des armures brillantes ou de beaux uniformes.
Au-delà de ces différences de style, l’opposition entre les Rebelles et l’Empire passe aussi par des éléments implicites qui traduisent chacun leur vision politique. On pourrait évoquer par exemple le rapport entre les officiers et les soldats. Alors que les officiers de l’Empire apparaissent généralement dans des positions surélevées par rapport aux combattants lambda, notamment avec les tranchées des star destroyer, ceux de l’Alliance Rebelle sont quant à eux toujours présentés dans des « amphithéâtres » au cœur des troupes, dans une position d’égal à égal. Un élément qui en dit long sur la différence d’approche entre les deux factions, avec d’un côté des rapports très hiérarchisés, et de l’autre un fonctionnement plus organique. Un autre élément de cette opposition de vision réside dans le fait que, alors que les soldats rebelles se battent tous à visage découvert, ceux de l’Empire sont systématiquement cachés derrière un casque, symbole de la perte de leur humanité. On pourrait noter également le fait que l’Alliance Rebelle soit dotée d’une armée multiethnique – les extraterrestres y ont toute leur place – alors que seuls des humains se battent pour l’Empire. Et enfin, l’opposition idéologique se matérialise aussi par l’approche stratégique. L’Empire, avec ses gros vaisseaux et ses grands blindés, misent sur la force brute pour emporter la victoire, là où les Rebelles privilégient le travail d’équipe. Si cette opposition, tant sur la forme que sur le fond, peut sembler quelque peu manichéenne et dépourvue de nuances, elle permet de bien symboliser son discours sous-jacent, car l’univers de Star Wars ne serait rien sans sa portée politique. Mais nous aurons l’occasion d’en reparler dans une autre partie.
II – Une histoire de famille
La famille est sans aucun doute l’un des grands fils rouges de la saga Star Wars dont les histoires sont faites de relations imbriquées les unes dans les autres, avec des liens de parenté parfois révélés. Et si les liens du sang ont une grande importance, les films de la Trilogie originale comme ceux de la Prélogie nous montrent également que la famille ne se limite pas aux relations dont on hérite : elle se construit aussi sur la route. C’est par exemple le cas dans la relation qui unit Han Solo à Luke. Alors que ce dernier se montre un tantinet taquin avec lui au moment de leur première rencontre, une vraie amitié finit par se construire si bien que Luke finit par devenir pour Han une sorte de petit frère qu’il cherche à protéger. Dans la Prélogie, cet aspect est incarné par le lien qui unit Obi-Wan à Anakin. Le second n’a de cesse de répéter tout au long des films que son maitre est comme un père pour lui, ce qui est lourd de signification étant donné qu’Anakin a grandi sans figure parentale paternelle.
La thématique de la famille ayant une place importante dans les différentes intrigues, il est normal que les films mettent en perspective la question de savoir ce que l’on est prêt à sacrifier par amour. Ainsi dans la Trilogie originale, alors qu’Han Solo a de multiples occasions de partir régler sa dette auprès de Jabba, il s’entête à rester au sein de l’Alliance par amour pour Luke et Leia. L’Empire Contre-Attaque le voit d’ailleurs risquer sa vie à de multiples reprises pour protéger ces deux personnages : tout d’abord sur Hoth lorsqu’il décide de partir à la recherche de Luke, malgré la tempête de neige qui menace. Puis sur Bespin, lorsqu’il accepte de se sacrifier pour que Leia et Chewbacca puissent survivre. Mais les films nous montrent aussi que, si l’amour peut nous pousser à nous surpasser ou à risquer notre vie, il peut aussi nous faire basculer du mauvais côté. Que ce soit le massacre des pillards Tusken dans L’Attaque des Clones ou le sauvetage de Palpatine dans La Revanche des Sith, les mauvais choix pris par Anakin dans la Prélogie ont à chaque fois été motivés par l’amour et le souci d’épargner des souffrances à ceux qu’il aime.
Ce parcours familial dramatique est d’ailleurs au centre de cette trilogie. Elle est le fil rouge qui va conduire un personnage qui aurait pu avoir un destin héroïque à sombrer dans le pire de ce qu’a à offrir l’humanité. Au sein de cet univers, Anakin je l’évoquais dans la précédente partie, fait office d’élu de la prophétie. C’est une sorte de messie, qui n’est pas là pour diffuser une quelconque foi, mais pour incarner la plus noble de ses représentations. Ce modèle messianique se retrouve évidemment dans le fait qu’il soit comme Jésus, le fruit d’une immaculée conception. Toute la qualité de l’écriture de ce personnage réside dans le fait que ce sont précisément les drames familiaux traversés qui vont forger son destin. La Menace Fantôme le voit être séparé de sa mère et perdre dans le même temps Qui-Gon Jin qui l’a libéré de l’esclavage et aurait pu devenir un père de substitution. Puis dans L’Attaque des Clones, il perd sa mère dans des circonstances tragiques et doit se résoudre à vivre son amour avec Padmé en cachette, sous peine d’être exclu de l’Ordre Jedi. Et enfin, La Revanche des Sith le confronte à la plus dure des épreuves : la mort de sa femme et de ses futurs enfants. C’est donc précisément ses liens du sang et la peur de perdre la famille qu’il a réussi à construire, qui film après film, auront conduit Anakin à basculer du côté obscur. Mais ces liens du sang, ce sont également eux qui vont réussir à le ramener du côté du bien. Dans Le Retour du Jedi, l’entêtement de Luke à croire que son père « existe encore » et qu’il y a encore du bon en lui va permettre à Vador d’ouvrir les yeux et d’accéder à la rédemption en tuant l’empereur Palpatine. La famille n’est donc pas seulement un élément qui créé un lien entre les personnages de Star Wars, elle est aussi un des moteurs les plus importants de son histoire.
III – Héroïsme et politique
J’évoquais précédemment le fait que l’existence de la Force dans l’univers de Star Wars permettait de mettre en scène des duels d’épées semblables à ceux des récits médiévaux. Cependant, l’aspect chevaleresque ne se limite pas qu’à ces simples combats. Star Wars fait aussi l’éloge des valeurs classiques du héros. Cela passe en premier lieu par les sacrifices, et ils sont extrêmement nombreux dans la Trilogie originale comme dans la Prélogie. Comme cité précédemment, on pourrait donner l’exemple de ceux de Han Solo dans L’Empire Contre-Attaque, de Luke dans Le Retour du Jedi ou d’Anakin et Padmé dans L’Attaque des Clones. On pourrait ajouter à ces trois cas, tous les sacrifices effectués par des personnages secondaires, qu’ils soient visibles à l’écran (les pilotes rebelles morts pour permettre à ceux de la base de Hoth d’évacuer avant l’arrivée de l’Empire ; les soldats gungans qui attirent l’armée droïde en dehors de Theed ; les nombreux Jedi tombés pour sauver Obi-Wan sur Géonosis) ou simplement mentionnés (les espions rebelles qui ont obtenu les informations sur la seconde Étoile de la Mort). Dans les films de l’univers de Star Wars, les exemples de sacrifices, que ce soit pour sauver des gens ou défendre une noble cause, sont donc nombreux.
Une autre de ces valeurs du héros est le fait de systématiquement préserver la vie, chaque fois que cela est possible. Alors évidemment, comme les personnages dans Star Wars passent leur temps à se tirer dessus, ça ne saute pas forcément aux yeux, mais on peut réussir à trouver plusieurs exemples. Dans Le Retour du Jedi, Luke offre ainsi de multiples chances à Jabba de négocier avant de finalement se résoudre à recourir à la force. Lorsque le petit groupe de rebelles est capturé par les Ewoks sur Endor, il convainc Han de ne pas leur tirer dessus et de simplement se laisser faire. Quand il retrouve enfin son père et avant d’être conduit sur l’Étoile de la Mort, il tente de le persuader de basculer du bon côté, au lieu de l’affronter directement. Dans la Prélogie, ce choix de privilégier le dialogue est incarné par le personnage de Padmé, que ce soit dans la stratégie qu’elle adopte au début de La Menace Fantôme lorsqu’elle se refuse à soutenir une escalade armée contre la Fédération du Commerce, ou dans L’Attaque des Clones lorsqu’elle annonce à Anakin qu’elle souhaite libérer Obi-Wan en ayant recours à la diplomatie. Malheureusement pour elle, pour que la diplomatie fonctionne, encore faut-il être deux à vouloir discuter. Le personnage est donc contraint régulièrement de faire une croix sur ses valeurs, pour pouvoir obtenir la victoire ou simplement survivre. Et s’ajoutent enfin à tout cela, les idéaux de compassion, de refus de la haine et d’espoir qui occupent une place importante dans cette saga.
Comme je le mentionnais dans la première partie de cette analyse, il y a toujours eu un message politique dans les films Star Wars. Cela n’a pas toujours été exploité de la même manière. Dans la Trilogie originale, cette profondeur de l’histoire ne passe pas par de grandes scènes clé ou des dialogues, mais d’une façon plus subliminale. Si on se base sur tout le descriptif détaillé plus tôt sur le combat qui oppose les Rebelles à l’Empire, on peut réussir à percevoir le récit d’une lutte armée contre un état militariste et impérialiste. Le Retour du Jedi est à lui seul une référence directe à la guerre du Vietnam, les Ewoks ayant remplacé les Vietcong, et l’Empire les États-Unis. George Lucas l’a d’ailleurs avoué lui-même dans une discussion avec James Cameron. Je m’autoriserai une petite parenthèse en évoquant le film Rogue One, auquel j’ai déjà consacré une chronique, et qui lui fait écho aux bombardements atomiques d’Hiroshima et Nagasaki par les américains durant la Seconde Guerre mondiale.
Si le message politique apparaissait en arrière-plan dans la Trilogie originale, la Prélogie entièrement réalisée par Georges Lucas l’a amené sur le devant de la scène en en faisant un élément clé de son intrigue. Ainsi, si on met de côté le récit de la destinée tragique d’Anakin, que raconte ces trois films ? Tout simplement comment un régime démocratique peut sombrer et basculer dans la dictature. De nombreux éléments sont esquissés pour nous donner à voir ce contexte. La Menace Fantôme nous présente tout d’abord une République dont le Sénat serait gangréné par les lobbys, la corruption et la bureaucratie, à tel point que l’invasion d’une planète toute entière fasse place à l’indifférence générale de ses représentants. L’Attaque des Clones nous montre la République en crise, avec des milliers de systèmes faisant sécession et une montée des tensions qui pousse à l’armement. La Revanche des Sith se conclut par la disparition de la démocratie au profit d’un régime autocratique et militariste. C’est donc toute une intrigue politique qui se construit de film en film, avec pour catalyseur le personnage de Palpatine qui est à mes yeux l’un des personnages les mieux écrits de la saga.
Habile manipulateur, ce dernier réussit à provoquer chaque évènement pour pouvoir en bénéficier et se hisser dans les sphères du pouvoir. Il est celui qui a déclenché l’invasion de Naboo par la Fédération du Commerce, invasion qui a indirectement permis la censure du chancelier Valorum et son accession au pouvoir. Il y a d’ailleurs fort à parier que si la reine Amidala n’était pas parvenu à libérer sa planète avec l’aide des Gungans, Palpatine nouvellement élu chancelier se serait servit de cette crise pour légitimer la création d’une armée, dix ans avant les évènements de L’Attaque des Clones. Puis dans ce second film, il est encore celui qui provoque la crise en poussant les guildes marchandes à faire sécession de la République et à s’allier. Là encore, il se débrouille pour obtenir plus de pouvoirs, tout en donnant l’illusion de les accepter à contre-cœur dans une scène qui a beaucoup à envier aux comédies de refus du pouvoir des empereurs romains. Enfin dans La Revanche des Sith, il met en place une inversion victimaire. Alors qu’il est celui qui devrait légitimement quitter le pouvoir une fois la guerre terminée, comme il l’avait promis dans l’épisode II, il se débrouille pour donner l’impression que ce sont les Jedi qui cherchent à le renverser et à prendre le contrôle de la République. La Prélogie est donc autant le récit de la chute d’une démocratie, que celui de son fossoyeur. Pour autant, elle ne dédouane pas les sénateurs de leurs responsabilités car elle nous montre qu’une autre voie que le soutien à Palpatine était possible, avec l’opposition formée par Bail Organa et Padmé. Cette dernière a d’ailleurs droit à une belle réplique à l’issue du discours d’avènement de l’Empereur : « Ainsi s’éteint la liberté… sous une pluie d’applaudissements. »
Star Wars restera à jamais l’une des plus grandes sagas de l’histoire du cinéma. Certains l’apprécieront pour ses batailles spatiales et ses duels au sabre laser, d’autres pour ses personnages complexes et attachants, et d’autres encore pour les nombreux messages qu’elle porte sur la famille, l’héroïsme et la société. En ce qui me concerne, c’est l’ensemble de ces ingrédients qui m’a fait adorer ces films.